Moneyboys un film đŸ“œ Ă  voir #Prostitution

L’ambiance est au rendez-vous dans la salle Debussy Ă  l’occasion de la projection du premier film du rĂ©alisateur chinois Yilin Chen Bo, Moneyboys. Pas un siĂšge de libre Ă  l’horizon, chose rare en cette pĂ©riode de quasi-dĂ©sertion des salles obscures. Yilin Chen Bo nous livre un portrait dĂ©sabusĂ© de la sociĂ©tĂ© chinoise contemporaine par le prisme du tabou de l’homosexualitĂ© et de la prostitution. Le rĂ©alisateur jongle avec les contrastes : la rudesse des passes enchaĂźnĂ©es et des coups de reins abrupts ancre les protagonistes dans une rĂ©alitĂ© trĂšs Ă©loignĂ©e de leur soif d’idĂ©al. Le monde de la nuit est tantĂŽt avili tantĂŽt sublimĂ©. L’apaisante lumiĂšre des luxueuses villas cĂŽtoie celle des nĂ©ons agressifs et des lanternes couleur carmin. La pluie aussi, le clapotement de la pluie sur la baie vitrĂ©e. La violence symbolique des traditions rurales rejoint la violence Ă©conomique des centres urbains. On ne peut qu’ĂȘtre Ă©mu face Ă  tant de beautĂ©, d’intensitĂ© et de dĂ©tresse. Face Ă  ces jeunes corps devenus prĂ©cipitamment adultes, ces torses d’Apollon, ces bouches sensuelles
 Face Ă  la sagesse et le goĂ»t du sacrifice de ces garçons dĂ©vouĂ©s Ă  leur famille. Moneyboys a dĂ©finitivement sĂ©duit le public cannois Ă  entendre les bruits de couloirs.

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