Déjà Vu à Londres

milla and moses – only

Cette jeune Australienne va nous hanter longtemps. Comme la musique du film… Milla (avec deux l, sans rapport avec l’instagrameuse harcelée) est très malade et prête à baisser les bras. Mais quand elle croise Moses dans le métro, sa vie s’emballe. Elle change de perruque et d’apparence, tour à tour petite fille et femme… glisse, danse, s’effondre, en des mouvements fluides et harmonieux, tissant un lien entre les êtres fêlés qui l’entourent et cherchent à la protéger, chacun à sa façon maladroite. Elle apporte ainsi à l’histoire toute sa force vitale malgré sa maladie, et entraîne le récit vers la lumière.

Par des gros plans furtifs et des détails incongrus — telle cette dent de lait que Milla possède encore à son âge ! —, Shannon Murphy capte ce que les personnages n’arrivent pas à exprimer quand la mort rôde. Milla est un film de sensations, sensuel et charnel à la fois. La réalisatrice s’interdit tout sentimentalisme et ne ménage pas ses personnages dépendants (aux autres, aux drogues) et pas toujours honnêtes. Elle n’élude pas non plus les scènes difficiles, mais les transforme en moments de grâce ou de franche comédie.

Ce que le film capte d’essentiel, et avec une force décuplée par l’échéance annoncée, c’est le trouble des premières fois. Car pour Milla (formidable Eliza Scanlen), chaque nouvelle expérience sera vécue pour la première et la dernière fois… On sort de ce film bouleversé. Mais avec une envie folle de fermer les yeux pour sentir les rayons du soleil sur son visage. Comme Milla sur la plage, dans le bel épilogue apaisé.